Mal de Terre - Episode 02

14.09.2006 | Mis à jour le 18.09.2006 | Black
3473 visiteurs  -  2 commentaires

Épisode 02

Relire l’épisode 01

J’erre toujours sous un soleil caniculaire et me posant toujours la même question : « que faire ? ». Année 2086, la situation est grave mais peut-être pas encore désespérée. Est-ce que je dois en vouloir à mes aïeux de m’avoir laissé une planète dans un tel état ? J’ai beau avoir des discussions animées et disputées sur le sujet avec mon grand-père B., cela me semble maintenant un état de fait, irréversible, une cause perdue. Mais mon grand-père y est-il pour quelque chose ? Il a l’habitude de me raconter cette anecdote, qui remonte à des temps que je ne peux même plus imaginer, qui fait référence à des personnes qui ne représentent, pour moi, que de vulgaires noms sur une encyclopédie. « En 2000, Al Gore, alors vice-président des États-unis, et réputé grand défenseur de la nature, déclarait au président Bill Clinton (sentence fatidique qui pourtant résume bien la situation) : « Le minimum [d’actions, de dépenses, d’investissements...] scientifiquement nécessaire pour combattre le réchauffement de la planète dépasse largement le maximum politiquement faisable pour ne pas perdre les prochaines élections. ». Cela semble bien résumer l’état d’esprit de ces années-là. La vision au-delà du mandat électoral n’existait pas et pourquoi tenter d’entreprendre des actions qui ne seraient visibles que dans 1000 ans, 100 ans, voir même 10 ans... Et depuis les gouvernements à la tête des « grandes » puissances se sont succédés sans rien changer. Pire la situation n’a fait qu’empirer avec des guerres incessantes pour contrôler cet or noir, pour contrôler des pays, des régions entières dans un même but : s’enrichir, s’enrichir et s’enrichir. S’enrichir par tous les moyens y compris en terrorisant son propre peuple...

Le sauvetage de la planète... Ai-je le droit d’y renoncer ? Je suis fatigué de cette désolation, de cette atmosphère dévastatrice, sulfureuse qui règne autour de moi. J’ai l’impression que les sources de Hakone ont été déplacés dans la nuit juste en bas de ma rue, tant l’air y est devenu irrespirable. J’ai souvent envie de baisser les bras, de m’avachir à même le sol, en attendant mon heure, en attendant l’heure de ma planète. Mais si j’abandonne, qui reprendra le flambeau ? Je ne dis pas que je suis essentiel à la survie de la Terre, mais l’écologie n’est pas aussi qu’une affaire de gouvernement. Ce serait trop facile d’imputer tous les maux à ces dirigeants, honnêtes ou malhonnêtes. C’est l’affaire de tout le monde, une préoccupation que chacun doit avoir enfoui au sein de sa conscience. C’est en cela que je ne peux pas abandonner ma Terre, parce que cela pourrait être un paradis, un jour...si je le veux, si tu le veux, si tout le monde le veut...

Je chevauche ma bicyclette, à moitié déglinguée, rouillée, fatiguée, pour filer au centre-ville, enfin du moins ce qu’il en reste. Depuis les fortes chaleurs répétitives, les nombreuses inondations, les coupures d’électricité incessantes, le centre n’existe plus vraiment, disparu comme simplement rayé d’une carte. Je décide de longer les quais de Seine d’où se dégage une odeur nauséabonde qui remplit mes poumons ; mon masque chirurgical n’arrive même plus à mes protéger de ces effluves. J’arrive à destination, le quartier St Michel. J’ai une tendresse particulière pour ce coin, des souvenirs d’enfance, des ballades à travers quelques bouquinistes. Heureusement, tout le charme de ces lieux n’a pas encore disparu et les bouquinistes existent toujours, pour mon plus grand bonheur. Je n’ai plus beaucoup de loisirs, ces derniers temps, mais j’avoue que feuilleter de vieux livres, regarder des couvertures, admirer de vieilles photos d’une autre époque, m’aide à me sentir mieux et à ne pas abdiquer. J’y ai découvert quelques écrivains du passé qui déjà avaient une préoccupation écologique forte. Luis Sepúlveda reste un de mes auteurs favoris, un des premiers qui a su montrer la voie vers une nouvelle conscience mondiale envers l’environnement ; tout comme Barbara Kingsolver, un charme féminin qui romance à merveille l’écologie, la faune, la flore avant que celles-ci ne soient dévastées par les Hommes, les incendies et les cataclysmes... En relisant leurs écrits, je reprends espoir et me dis qu’en ce temps-là, un début de conscience écologique avait pris naissance. Nos aïeux n’ont pas laissé entièrement le soin de la planète aux générations futures. Et soudain le choc...

À suivre

 

2 commentaires

Mal de Terre - Episode 02 14 septembre 2006 blue 1  rép.
La suite, vite !
Mal de Terre - Episode 02 14 septembre 2006 Black

RDV Lundi prochain...

 

Poster un nouveau commentaire


Modération de ce forum :

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.


Emoticones :

(Pour insérer un émoticone, cliquez simplement sur l'image.)

:aime::bof::clindoeil::diable::en_colere::etoile::exclamation::fleur::interrogation::langue::lol::lunettes::mouai::pas_content::pleure_de_rire::rigolo::sourire::surprit::triste::xtra:

Titre :

Texte de votre message :

(Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)


Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)


Qui êtes-vous ? (optionnel)


Derniers Commentaires

Articles les plus populaires

Articles les plus consultés

Articles récemment mis à jour

Au hasard

Articles poussiéreux

Too Cool for Internet Explorer

En noir et bleu est motorisé par le logiciel libre Spip 1.8.3 associé au squelette graphique BliP 0.91

20 rubriques ... 318 articles ... 729 commentaires ... sites référencés ... 72 visiteurs par jour (611188 au total)

Haut de page | XHTML 1.0 | CSS 2