Ben Harper And The Innocent Criminals Live at La Halle, 18 octobre 2006

24.10.2006 | Mis à jour le 11.12.2006 | blue
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Presque trois quarts d’heure viennent de s’écouler depuis que Piers Faccini a terminé la première partie. Complètement vierge de toute idée sur cet artiste, je l’ai découvert avec beaucoup de plaisir, tant ses chansons mélodiques et rythmées m’ont séduit. Esprit de blues. Magie du live. En tous cas, je reste avec l’envie de découvrir mieux cet homme , peintre, musicien, chanteur, anglais, italien, paumé dans les Cévennes (où a peut être été prise cette belle photo, brumes et lumières, projetée derrière la scène)... Peut être un nouveau songwriter à ajouter à la liste de Black ?

21 heures 15. Les lumières s’éteignent de nouveau.

Ben Harper and The Innocent Criminals montent sur scène. Je retiens mon soufle. 1,2,3... A fond les manettes, c’est parti pour le show.

Ben l’énergique fait lever la foule, et veut convaincre chacun d’entre nous qu’il peut changer le monde, de ses deux mains. Le message de Two Hands est simple et fédérateur. Aussi, lorsque la reprise de The War vient s’intercaler, tout naturellement, je suis déjà acquis à la cause, le public semble l’être aussi, dans un seul et même élan.

« Until the philosophy which holds one race superior and another inferior is finally and permanently discredited and abandoned, everywhere is war. »

Tandis que ces paroles sont prononcées, je me remémore la reprise en français de Alpha Blondy.

L’entrée en scène est forte. L’envolée a opéré immédiatement. Le voyage durera-t-il ? Les titres des deux derniers albums s’enchaînent : Both Side of the Gun, Diamonds on the Inside. A l’occasion, Ben nous montre sa science du "slide", assis sur une chaise, guitare posée sur les genoux. Puis vient Waiting for you. L’émotion que je ne parvenais pas à ressentir pour cette chanson lorsque j’écoutais l’album devient palpable. Ben Harper a les yeux fermés. Je me sens emporté dans une nouvelle dimension.

Plus intense encore, Morning Yearning, dont l’émotion m’envahit entièrement. Des images d’une grande beauté défilent sur l’écran situé derrière la scène. Des corps en ombre chinoise, face au soleil : une femme, peut-être est-elle enceinte ? Plus tard, un homme qui danse. Point de violons. Juan Nelson a troqué sa basse contre une cythare. Lorsque le morceau s’arrête, j’ai l’impression que Ben a les larmes aux yeux. A moins que ce ne soit moi.

La première heure passera ainsi. La démonstration, pardon pour le mot, est totale. Ils donnent tout. Ben alterne calmes et tempêtes, sautant comme un damné sur la scène, jouant des percussions, ou passant le micro à son bassiste,

Une heure évanescente, pour laquelle je voulais tout tenter pour en retenir chaque instant précieux.

A cet instant, on regarde aussi sa montre, on se dit que le groupe va sans doute revenir, faire un ou deux rappels. Comme un bonus, parce qu’au fond, ils me semblent avoir déjà beaucoup donné.

Ben revient peu après, seul, et s’asseoit au bord de la scène, les jambes pendantes. Il baisse le micro, saisit sa guitare, et se dévoile complètement, l’âme à nue devant des centaines de gens.

J’ai quitté le devant de la scène, et j’ai pris du recul. Les écrans géants répartis dans la halle permettent de le regarder en toute intimité. Le voir ainsi, si petit, si seul au milieu de nous tous, me surprendrait presque si je ne trouvais pas celà si naturel. Seul avec moi, seul avec les autres, du moins tous ceux qui s’abandonnent au jeu.

Je crois qu’il nous raconte sa vie, son humanité : l’amour, la peine, la joie.

Minimaliste, sa musique s’efface derrière ses textes. Je me souviens de There will be a light. Les « Blind boys of Alabama » n’étaient pas là ce soir, mais j’avais l’impression d’entendre leur choeur et leurs coeurs. Puis il y eut Walk Away, un titre du deuxième album de Ben, Welcome to the Cruel World. Je ne le connaissais pas jusqu’à ce soir, et j’ai été conquis par ses paroles magnifiques :

« Oh no
Here comes that sun again
That means another day
Without you my friend
And it hurts me
To look into the mirror at myself
And it hurts even more
To have to be with somebody else
 
And it’s so hard to do
And so easy to say
But sometimes
Sometimes you just have to walk away
Walk away
 
With so many people to love in my life
Why do I worry about one ?
But you put the happy in my ness
You put the good times into my fun
 
And it’s so hard to do
And so easy to say
But sometimes
Sometimes you just have to walk away
Walk away
And head for the door
 
We’ve tried the goodbye
So many days
We walk in the same direction
So that we could never stray
They say if you love somebody
Than you have got to set them free
But I would rather be locked to you
Than live in this pain and misery
 
They say time will
Make all this go away
But it’s time that has taken my tomorrows
And turned them into yesterdays
And once again that rising sun
Is droppin’ on down
And once again you my friend
Are nowhere to be found
 
And it’s so hard to do
And so easy to say
But sometimes
Sometimes you just have to walk away
Walk away
And head for the door
 
You just walk away
Walk away
Walk away
Just walk a...
Walk on
Turn and head for the door
Just walk away - yeah »

Alors revint le groupe pour une troisième partie, une nouvelle, dans cette magnifique soirée.

Ben, le précheur, le prédicateur, réapparaît. Nous sommes dans une cathédrale, un vitrail est projeté derrière la scène. Rien de religieux ici. Juste la chance de partager un même élan de joie qui emportera tous ceux qui ouvriront un peu leur coeur, et c’est facile ce soir.

Encore une fois, Ben nous surprend. Il demande de quelques gestes le silence, et sans instrument, sans micro, il chante ! Le concert se termine, je repars le coeur gonflé, la tête pleine d’images : je le revois penché sur sa guitare, je le revois absorbé, les yeux fermés, sussurant ses textes, je le revois debout, habité, comme en transe.

Plusieurs visages d’un homme aux multiples talents, mais surtout animé par l’envie de donner, avec une sincérité évidente.

 

6 commentaires

Piers Faccini 7 octobre 2008 Black

Je remonte dans le temps, une heure avant 21h15, une heure avant l’entrée en scène de Ben Harper. Piers Faccini, j’en avais oublié le nom et même la curiosité de le découvrir. Et puis je l’ai entendu un soir avec Manu Katché sur Arte (One Not Shot).

J’ai fermé les yeux. J’ai senti le soleil se coucher à l’horizon. J’ai entendu une guitare. J’ai entendu un harmonica. Et soudainement, je me suis perdu sur les rives du Mississipi, en plein pays originel du blues. If I... Et si j’étais noir, et si j’étais vraiment là-bas en compagnie d’un « vieux nègre » (vieil homme de couleur, devrais-je dire ?) à la barbe grise, un compagnon de route... Nos chemins se sont croisés dans un vieux wagon à bestiaux dans lequel nous sommes tous les deux montés. Et maintenant, je l’écoute, ce frère, avec son harmonica, me chanter sa complaite du Mississipi Et je n’ai pas envie de rouvrir les yeux...

Each Wave + If I

Ben Harper And The Innocent Criminals 6 octobre 2008 Utopie
Je n’y étais pas ... Merci pour cet article où l’émotion passe aussi, en le lisant il me semble avoir été quelques secondes présente, la confusion s’intalle dans mon esprit, non je n’y étais pas malheureusement et pourtant... j’ai l’impression que je me souviens. Je le revois penché sur sa guitare ...

-----> Ben Harper And The Innocent Criminals

Ben Harper And The Innocent Criminals 7 décembre 2006 Line
J’y étais également et mm emotions.. La prière sans micro ça m’a vraiment bluffé... Il arrive à nous transporter par sa musique pendant trois heures qu’on ne voit pas défiler.. C’était la 4eme fois que je le voyais et il s’améliore à chaque fois, à chaque fois plus d’émotions, plus d’étoiles dans les yeux.. Chapeau Ben !! Merci pour ces comments, ca résume bien le concert.. Line..
Ben Harper And The Innocent Criminals 19 novembre 2006 1  rép.
Je trouve que tous ce que tu as dis décrit très bien ce que j’ai ressenti tout au long de ce concert. Nan vraiment tu as raison il n’y a pas de mots pour décrire ce qu’on a vu, senti et entendu. Un grand Merci a Piers Faccini (que je ne connaissais pas non plus) a Ben Harper et The Innocent Criminals. A rajouter une immense emotion quand tous le public et Ben chante ensemble "I Believe in a better a Way"a la fin du concert...tout le monde se rassemblait autour de cette phrase et de cette espoir...c’était vraiment magnifique.
Ben Harper And The Innocent Criminals 20 novembre 2006 blue

Merci smiley smiley smiley

Ben Harper And The Innocent Criminals 18 novembre 2006 Nicolas
J’ai eu le grand honneur de jouer et chanter "Walk away" dans une toute petite et toute modeste version acoustique, sur une toute petite et modeste scène de bar d’une toute petite et prétentieuse bourgade finistérienne, un certain 21 juin, dans ma très lointaine jeunesse... Ahhh, les souvenirs... :/

-----> Walk away

 

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