Sigur Rós

04.05.2007 | Mis à jour le 07.12.2007 | Black
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Au détour d’une, bien qu’hollywoodienne, excellente superproduction « Vanilla Sky », avec en vedette le couple star Cruise / Cruz, j’entends au loin, une voix qui, subrepticement, vient vers moi, s’approche avant de m’envelopper complètement. Elle me bouleverse. Mon esprit se laisse subjuguer par l’intonation de ce souffle nordique. J’ignore si cette voix a un nom, j’ignore si cette voix a une origine, j’ignore tout d’elle si ce n’est qu’elle arrive à me transpercer au plus profond de mon être. Elle est entrée dans mon âme sans mon autorisation et bien qu’elle me soit totalement inconnue, je la laisse me pénétrer, m’apprivoiser. Je sens qu’elle ne peut m’apporter que du bien, que du bonheur...

Plusieurs mois s’écoulent... Cette voix m’obsède toujours à intervalles plus ou moins réguliers mais la frustration est grande, jusqu’au jour où...Une deuxième rencontre va changer le cours de mon existence. Bon, OK je crois que j’en fais un peu trop ! Je reçois, d’un être particulièrement avisé et éclairé en musique contemporaine, un disque au nom bizarre et barbare dont la prononciation ne m’est pas coutumière : « Agaetis Byrjun » de Sigur Rós. A peine les premières notes pénétrèrent-elles mon espace vitale que je reconnus d’emblée le titre phare qui m’avait tant ému sur la B.O. de Vanilla Sky : « Svefn-G-Englar ». (JPG) Ainsi je peux mettre, enfin, un nom sur cette chanson ; je peux découvrir son origine et affiner les pressentiments de mon imagination : ce souffle nordique semble donc sorti tout droit des geysers islandais. Avant, l’Islande musicale se composait uniquement de Björk. Maintenant, je redécouvre les mystères de cette île qui me fait tant rêver par Sigur Rós. Agaetis Byjrun devient mon disque de référence, celui qui allie à merveille le rock au classique ; ou tout simplement est-ce mon seul et unique disque d’un folk islandais. Et toujours cette voix qui m’enchante et m’obsède. L’écoute se prolonge au fil du temps, je reste comme envoûté, hypnotisé par des dieux scandinaves.

Une émission de la radio autrichienne (comme quoi, on peut arriver vraiment à trouver de tout sur Internet et même des moments de grandes qualités) me fait redécouvrir Sigur Rós dans un live plutôt intime. Quelques applaudissements furtifs qui semblent impressionnés par la prestance et la magie de ce groupe n’osent à peine perturbés ce délice musicale. Ce troisième rendez-vous m’enchante toujours autant que les deux premiers. La musique encore plus dépouillée que sur ses albums studios s’en retrouve encore plus magique. Cette musique est donc vivante... et vibrante aussi...

Odin’s Raven Magic (Hrafnagaldur Óðins) : nouvelle curiosité venue d’Islande. Sigur Rós en collaboration avec Hilmar Örn Hilmarsson et un chœur de Reykjavik (de Londres ou Paris suivant les représentations) transposent musicalement une légende islandaise : la légende du corbeau d’Odin. Et dire que j’ai raté cette occasion de découvrir un tel spectacle si près de chez Wam (La Villette 2004). Tant pis pour moi, alors je me contente (et c’est déjà pas si mal) d’une version audio qui à chaque écoute me calme, me berce. Je ressens une nappe de brouillard s’élever autour de moi, m’enveloppant et me transportant dans ces terres islandaises. Le corbeau s’envole et plane au dessus de mon esprit. Je me sens épié, les dieux nordiques me surveillent et veillent sur moi, sur mon intégrité musicale. Je reste transi par la beauté de ce chant, de cet hymne antique. Je me retrouve plongé quelques années en arrière ou pour la première fois je découvrais le Hilliard Ensemble. Et pour cause, cela ressemble à un immense cantique à la gloire des Dieux, non plus norvégiens, mais islandais. La pureté du son est sublime, Sigur Rós reste en retrait mais l’émotion perdure tout au long de ce long mouvement, de cet envol planant à travers les montagnes et les geysers islandais.

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A la faveur d’une baisse significative dans le prix de mon nouveau bonheur, je fais l’acquisition de « Takk ». Classique, sans réelle innovation par rapport aux précédents albums, ce dernier reste dans cette même lignée « pure » qui associe un rock planant à un folk traditionnel islandais. Mais mon plaisir s’en contente largement. Cette musique me fait voyager, me fait planer (certes d’une façon différente à un bon vieux Pink Floyd) et là est bien l’essentiel. Je [re]découvre à chaque nouvelle écoute cette musique, j’essaye d’en comprendre ses subtilités. Mais d’où vient un tel son ? Quel esprit est capable d’engendrer une telle mélodie, tendre et torturée, à la fois. Je souffre. Ces notes viennent de l’âme et me transpercent. J’essaye de sortir de ce mouvement prenant mais à chaque fois mes yeux se ferment, mon souffle devient lent et je m’abandonne à cet air. Je commence seulement à m’imprégner de ses dernières émotions que je fais une nouvelle rencontre.

Encore un film, encore une conjonction du hasard ou une coïncidence fortuite... Le cinéma hollywoodien de ma toute première rencontre se trouve bien loin de celui-ci. Je me retrouve dans une toute petite salle de quartier, une vieille salle qui pour subsister encore face aux gros mastodontes de la distribution cinématographique actuelle avec ses multiplexes de 15 salles remplies de pop-corn, propose le meilleur de son art. Nous sommes 3 dans la salle (ma chère et tendre, moi et l’inconnue du dernier rang). Une séance intime se profile donc dans la pénombre de cette salle. Les yeux rivés sur l’écran, je me laisse submergé par l’émotion que dégage le film et la justesse de jeu de Mads Mikkelsen, par son magnétisme. Vous l’aurez certainement compris : 3 personnes dans la salle, un acteur d’origine danoise, on n’est pas très loin du « Dogme » nordique. (JPG) Le film : « After The Wedding », une merveille, un chef d’œuvre qui vous bouleverse tout au long et vous met dans un état d’intense émotion. J’en reste encore renversé, les images défilent toujours sous mes yeux quand, dans le noir absolu, des frissons parcourent mon corps, les poils se redressent le long de mes bras : une musique s’élève, bientôt une voix me transperce, celle de Sigur Rós. J’en crois pas mes yeux, ni même mes oreilles. Bien sur, je dois être le seul dans la salle à reconnaître cette étrange musique. Et j’en ressens une certaine fierté. Cela me transcende encore un peu plus et me plonge au plus profond de ce merveilleux film. D’ailleurs, cette voix réapparaîtra quelques séquences plus tard comme un rappel à une émotion toujours plus pure. Aucun regret, ce film sera le mien, cette musique deviendra mienne. Trop de coïncidences, trop d’émoi. Un tel cadeau divin ne se refuse pas.

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Ég heyri áhuggjufullar raddirnar frammi. Ég veit að það á að fara að gera eitthvað í málunum. Ég er farinn að finna lyktina af KGB-mönnunum.
Herstöðvaandstæðingar hvetja til mótmæla gegn mér. Þeir nota NATO sem yfirvarp til að mótmæla fæðingu minni.
„Palli minn ! Við viljum aðeins hjálpa þér. Svona Palli minn, opnaðu. Þú spilar svo hátt. Krakkarnir geta ekki lært.”
Ég slekk á öllu.

Après l’expérience cinématographique, je découvre la littérature islandaise. Les paysages décrits de cette île sont d’une beauté hallucinatoire : je navigue dans un petit drakkar le long des côtes déchiquetées parmi les orques, les cachalots, les rorquals et les baleines. Une nuée d’oiseaux voltige le long de ces falaises abruptes. Le soleil se couche à l’horizon. Pour combien de temps ? Plusieurs heures, plusieurs jours, une éternité en somme... Je rentre dans cette terre, attiré par l’odeur sulfurisée des fumeroles, je patine sur les lacs gelés au milieu des icebergs d’une pure blancheur. A pleins poumons, je respire cette nature sauvage, je ferme les yeux. Le souffle du vent me susurre une douce mélodie. Une divinité nordique qui tente de rentrer en contact avec moi ? Non, simplement Sigur Rós et Hilmar Örn Hilmarsson qui me parlent des « Anges de l’Univers » (Englar Alheimsins), le roman schizophrénique de Einar Már Guðmundsson.

A quand une prochaine rencontre... ? ? ?

 
 

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