Michael Cunningham Les Heures

07.09.2007 | Mis à jour le 15.09.2007 | Black
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C’est à New York, à la fin du XXe siècle.
C’est à Londres, en 1923.
C’est à Los Angeles, en 1949.

Clarissa est éditrice,
Virginia, écrivain,
Laura, mère au foyer.

Trois femmes, trois histoires reliées par un subtil jeu de correspondances, dont l’émouvante cohésion ne sera révélée que dans les dernières pages...

Ce quatrième de couverture m’a paru intrigant. Il a su provoquer un enthousiasme naissant au point de me donner l’envie de plonger dans cette lecture inconnue. Trois lieux, trois époques, trois femmes. Quel lien peut-il y avoir entre ces trois femmes ? Je ne connais pas son auteur, je n’ai aucune idée du sujet du roman et je n’ai même pas vu le film inspiré du roman « The Hours » de Stephen Daldry, avec Meryl Streep et la toujours ravissante et charmante, céleste et divine, sublime et séduisante, magnifique et fantasmatique Nicole Kidman. Mon esprit est donc seul, uniquement guidé par cette couverture, pour entreprendre cette lecture.

Autant l’avouer de suite, le démarrage a été quelque peu poussif. L’amorce du roman me semblait compliqué et surtout ne m’intéressait guère. Je me surprenais souvent à refermer le livre et à relire cette couverture. Comme si j’avais besoin d’être convaincu par cette littérature new-yorkaise aux accents londoniens. Est-ce que l’histoire de ces trois femmes vaut le coup d’être lu jusqu’au bout ? Cette petite voix intérieure, tel un vieux démon, obnubile mon esprit et tente de me faire oublier ces trois destins féminins. Pourtant, je ne suis pas lâche et ne vais pas abdiquer aussi facilement. Michael Cunningham, tu n’auras pas ma peau. Je n’ai pas l’habitude d’abandonner une lecture en cours. Par conséquent, je passe outre ces recommandations démoniaques pour, petit à petit, m’attacher à Clarissa, à Virginia et surtout à Laura.

(JPG) Une force spirituelle semble habiter et lier ces trois femmes. Cette lumière qui illumine donc la vie de ces trois héroïnes, est allumée par une certaine Mrs Dalloway. Le fameux roman de Virginia Woolf est donc au centre du roman de Michael Cunningham. Fameux, peut-être mais ignoré du pauvre et inculte lecteur que je suis... (Tout comme son auteur ; et c’est peut-être de cette immense lacune qu’a découlé mon si départ laborieux). Trois univers qui sont reliés ensemble par d’infimes et insignifiants détails, cela doit être cela le mystère de la Vie. Comment un roman, œuvre de fiction, peut-il construire la destinée de ces trois femmes ?

(JPG) Au fil du temps, les pages jaunies de mon livre se tournent de plus en plus vite. Les sentiments virevoltent sous mes yeux devant la fluidité des mots. L’affection qui découle des destins tragiques de ces trois merveilleuses femmes a finalement réussi à me transporter hors de mon imaginaire, et cela bien malgré moi. Profondément ému, une fois « Les Heures » achevées et le parcours de Laura touchant à sa fin, je m’interroge sur la possibilité de suivre d’autres aventures de Michael Cunningham. Sa littérature ne fut peut-être pas des plus aisée à suivre en naviguant à travers les époques et les âges, en se référant à des classiques littéraires qui restent pour moi inconnus, mais depuis, j’entends cette petite voix intérieure qui me suggère de poursuivre dans cette voie... Pourquoi pas ? Un jour, une heure... (Mais pas dans l’immédiat...)

Je suis seule, pense Virginia, tandis que l’homme et la femme poursuivent leur montée, et qu’elle continue à descendre. Elle n’est pas véritablement seule, bien sûr, pas ce que les autres entendent par être seule, mais à cette minute, marchant dans le vent vers le Quadrant, elle sent s’approcher le vieux démon (quel autre nom lui donner ?), et elle sait qu’elle sera complètement seule dès qu’il choisira de réapparaître. Le démon est une migraine ; c’est une voix à l’intérieur d’un mur ; un aileron qui transperce des flots sombres. Le démon aspire toute la beauté du monde, tout l’espoir, et ce qu’il reste une fois sa tâche terminée, c’est un royaume des morts vivants - sans joie, étouffant. Virginia ressent là une grandeur tragique, car le démon est bien des choses, mais il n’est ni médiocre ni romanesque ; il est imprégné d’une vérité mortelle, intolérable. En ce moment, tant qu’elle marche, épargnée par la migraine, épargnée par les voix, elle peut affronter le démon, mais elle ne doit pas cesser de marcher, elle ne doit pas faire demi-tour.

 
 

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