Paulo Coelho - Veronika décide de mourir

20.03.2008 | Black
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Le 21 novembre 1997, Veronika décida qu’était enfin venu le moment de se tuer.

Elle prend des cachets pour une fin plus « propre », mais se réveille quelques jours après au centre hospitalier de Vilette. Veronika est une chouette fille, plutôt mignonne même, avec du travail, une famille qui l’aime, des amis, une vie sociale presque épanouie. Alors pourquoi a-t-elle tenté de mettre fin à ses jours ? Comment une si jolie slovène peut arriver à une telle extrémité ? La question-réponse est là : Veronika a peur ! Elle ne craint pas l’inconnu ; ce n’est pas la peur d’un avenir incertain, d’un futur inconnu, d’une dépression sous-jacente qui sont à l’origine de son étrange malaise et profond mal-être... Elle est simplement terrifiée à l’idée de continuer à vivre dans la routine, de composer son avenir uniquement avec des habitudes quotidiennes, sans pouvoir pimenter sa vie avec une bribe de surprise ou de FOLIE.

Suicide raté donc qui provoque un aller simple pour l’asile psychiatrique de la ville. Et comme tout roman de Paulo Coehlo, arrive la partie initiatique de la vie de l’héroïne. Dans ce nouvel environnement, Veronika, qui est loin d’être folle, va naviguer au milieu des fous et comprendre peut-être ce qui lui manquait dans sa vie. Qu’est-ce qu’après tout la folie ? Et qu’est-ce que la normalité ? Ne serait-ce pas nécessaire de mélanger folie et normalité pour trouver un équilibre stable dans sa vie ? Et si c’était Veronika qui était plus folle que ces fous, simplement parce qu’elle se refuse à cette folie intérieure qui peut l’angoisser.

« Te rappelles-tu la première question que je t’ai posée ?
-  « Qu’est-ce qu’un fou ? »
-  Exactement. Cette fois, je vais te répondre sans tricher : la folie, c’est l’incapacité de communiquer ses idées. Comme si tu te trouvais dans un pays étranger : tu vois tout, tu perçois ce qui se passe autour de toi, mais tu es incapable de t’expliquer et d’obtenir de l’aide parce que tu ne comprends pas la langue du pays.
-  Nous avons tous ressenti cela un jour.
-  Nous sommes tous fous, d’une façon ou d’une autre. »

Encore plus moralisateur que d’habitude, Paulo Coehlo nous explique comment vivre et pourquoi il faut intégrer de la folie dans sa vie. Je comprends que cela puisse rebuter certains de se voir dire, expliquer ce qu’il faut faire pour bien vivre selon les préceptes de Monsieur Coehlo. Mais également comme d’habitude, ses romans me poussent à réfléchir sur ma propre existence. Quelle image ai-je de ma vie ? Et quelle vision les autres peuvent avoir de mon existence ? Par moment, je me reconnais (peut-être un peu trop même) dans le portrait psychologique de Veronika. Où sont mes envies ? Où se trouve ma folie ? Soit je n’en possède aucune petite parcelle (et là, cela devient vraiment triste), soit elle est bien enfouie au plus profond de mon moi intérieur. Vivre un peu plus avec les rêves et un peu moins dans les sombres méandres d’une triste réalité : il faudrait que j’arrête de me morfondre dans un monde où le basique matérialisme prend le dessus sur les quelques minuscules rêvasseries qui pourraient épanouir ma vie. Est-ce de l’utopie que croire que cela peut changer, si je le veux ?

La normalité n’est qu’une question de consensus. Autrement dit, si la plupart des gens pensent qu’une chose est juste, elle devient juste.

Faire ressortir ma folie : serait-ce ma dernière résolution ? Mais comment y parvenir dans un monde où tous ceux qui dévient, même légèrement, de la normalité sont considérés comme des marginaux, sont étiquetés « fous ». Je n’irai peut-être pas jusqu’à me masturber en plein public, mais après tout pourquoi pas ? Bukowski en serait bien capable, alors et moi dans tout ça ?

Au fait, vous savez où se trouve la Slovénie ?


D’autres chroniques sur Paulo Coehlo :

-   Sur le bord de la rivière Piedra, je me suis assise et j’ai pleuré...
-   La cinquième montagne

 
 

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