La Nuit où Ben Harper fut Pendu...

08.05.2008 | Black
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Pendi, pendu, pendant ! Vois ce qu’a fait celui qui pend.
Pendu, pendi, pendant ! Vois le voleur se balançant !

Serait-ce la dernière composition de Ben Harper ? Que lui est-il arrivé à ce pauvre gars ? Ben Harper est-il devenu un dangereux criminel ? Et si le fait que Ben Harper ait volé ces 10.000 $ était seulement dû à la conjoncture actuelle, à la crise qui mine cette année les États-unis. Quoiqu’on puisse en dire, Ben Harper est un homme bon qui a été élevé selon les préceptes du Seigneur et qui s’est sacrifié pour apporter une éducation décente à ses enfants. Blessé par les hommes en bleu, il n’a comme dernier recours que de cacher son butin sous les yeux de ses enfants John et Pearl, et de leur faire promettre, de leur faire jurer de garder le secret. Ben n’avait certainement pas mesuré les conséquences d’une telle promesse sur la vie de ses petits.

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Beau parleur, au physique charmant, il se nomme lui-même le Prêcheur et adresse la bonne parole du Seigneur sur les routes de l’Ohio. La main droite tatouée au niveau des phalanges LOVE, la gauche porte la marque de Caïn avec son tatouage HATE. Ces deux sentiments représentent la dualité de son esprit, le bien combattant le mal et vice-versa. Harry Powell, ce prédicateur des grands chemins, fît la connaissance de Ben Harper dans la cellule de la prison, avant que ce dernier ne soit pendu. L’argent planqué, il devra jouer au grand séducteur dans ce petit village de l’Ohio pour trouver la cachette. Là s’installe alors une formidable et profonde angoisse, un combat psychologique entre le Prêcheur et les enfants. L’ambiance est noire, plombée, étouffante. Les sentiments sont ultra violents et la guerre psychique entre les deux parties vont faire des dégâts irréparables. Quelle magnifique polar, à l’ancienne (faut dire qu’il date de 1953), qui mise uniquement sur ce huis clos suffocant, sans la moindre image choc. L’atmosphère noire est la clé de « La Nuit du Chasseur » de Davis Grubb, un suspens hallucinant, entre conte et thriller.

Il plongea sa main dans sa veste d’alpaga et en sortit le couteau qu’il fit rebondir deux fois dans ses paumes : la lame encore cachée dans le manche en corne attendait le contact précis sur le bouton.
-   Tu vois ça ? Tu sais ce que c’est ?
-   Oui. Je sais.
-   Regarde là ! Qu’est-ce que tu vois maintenant ? Qu’est-ce que c’est, Pearl ?
-   Je ne sais...
-   Bon, alors, ne dis pas : « Je sais », si tu ne sais pas. C’est un mensonge. Voici un couteau ! Tu veux voir quelque chose d’épatant ? Regarde maintenant ! Il saisit le manche de corne dans sa paume, et, le serrant, toucha légèrement le bouton du doigt appelé H et alors la lame d’argent de six pouces, affilée comme un papier à cigarette, sortit avec un bruit sec telle l’aile brillante et habile d’un oiseau mécanique. Pearl sourit.
-   Bon et maintenant ? s’écria-t-il, fier comme un enfant ; mais alors son visage se ferma soudain, prit l’aspect d’un cuir blanchi et ses lèvres s’ourlèrent de colère. C’est ça, dit Prêcheur, dont je me sers envers les méchants, mon agneau ! Tu saisis ? Envers les méchants !

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1955. Charles Laughton réalise son adaptation cinématographique « The Night of The Hunter avec dans le rôle phare du prêcheur tatoué Robert Mitchum. Le soir même, après avoir tourné la dernière page du roman de Davis Grubb, je me plonge dans ce « chef d’œuvre » mondial du cinéma en noir et blanc pour une séance DVD. Certains parleront de film culte, moi je préfère le définir comme une bonne adaptation. Certes, Robert Mitchum est épatant dans ce rôle, parfois charmeur, parfois envoûtant. L’inquiétude et la peur se lisent sur son visage ; son profond regard apporte charmer et sérénité au près des veuves solitaires du coin. Mais résumer 350 pages en 1h30, la tâche me semble plutôt ardue. Du coup l’atmosphère suffocante régnant entre le prêcheur et les enfants m’apparaît moindre...Ce combat psychologique s’en trouve affaibli et ce qui fait la force du roman passe dans la version cinématographique qu’à un banal affrontement entre un homme de Dieu et un jeune garçon. En conclusion, je n’ai qu’un conseil : si vous avez vu le film, jetez un œil du côté du roman, il ne sera que plus enivrant et captivant.

Dans les deux versions, la représentation de cette Amérique profonde des années 50 reste un formidable témoignage sur la crise économique de ces années noires et sur ces prêcheurs et prédicateurs qui abusent de la croyance et de l’espérance de ces pauvres habitants.

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Pendi, pendu, pendant ! Vois ce qu’a fait le bourreau !
Pendu, pendant, pendi ! Vois le voleur osciller !
Pendi, pendant, pendu ! Voici que mon chant est fini.

 
 

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