The Fillmore West

28.09.2008 | Black
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San Francisco, Californie. Le soleil, ses rues et son tramway, ses putes et le Fillmore West Auditorium. A partir du milieu des années 60, le Fillmore fut l’une des grandes salles de spectacle de la scène musique psychédélique et de la contre-culture hippie. Tandis que Michael Douglas arpente les rues de San Francisco ou que la Ford Mustang de Steeve MacQueen déboule en trombe, que se passe t-il à l’angle de Market et South Van Ness Avenue ?

Le 29 Avril 1970

1- Une guitare acoustique mal accordée débute le show, seule. Une voix susurre quelques mots, timide. Ni belle, ni magique, elle monte lentement dans les aigus avec quelques notes fausses. Pas un bruit en dehors de ce duo voix et guitare. Je pourrais imaginer un feu de camp au milieu de la scène, brochettes de marshmallows et ambiance folk au coucher du soleil. Mais quelque chose se cache derrière cette musique. Un clavier commence à se joindre au rythme lancinant, quelques bruits d’oiseaux, et puis 2- la folie commence à frapper sur scène. Le psychédélisme rentre de plein pied dans le show. Il frappe et cogne. Je pourrais voir des éléphants roses s’envoler, la tête me tourne, les cris se déchaînent. Changement de rythme : ce second morceau s’emballe, ralentit, d’une lenteur extrême, puis remet de la puissance. Je regarde le ciel, j’attends les étoiles filantes, je vole, je plane pendant plusieurs minutes... La guitare électrique se déchaîne, en même temps que mon imagination. Hou hou hou hou hou... J’atterris lourdement sur le sol et je crie, je m’égosille, ce n’est plus du chant mais cela défoule un max. 3- Rétrospection d’un instant : un homme, une femme, amour d’un jour issu d’une rencontre à Paris, amour de toujours autour des ruelles d’Ibiza, sur une corniche, posture de lotus, méditation intérieure, ils regardent le soleil se coucher, se lever et se coucher. Avant des pilules bleues, des pilules blanches, des pilules roses, une cuillère en argent, des seringues, de la poudre blanche, tout un arsenal d’automédication pour voir la vie sous un autre jour, pour découvrir les mystères de ce flamboyant soleil, pour s’aventurer vers le coté obscur de la lune. Le rythme se ralentit net, les battements du cœur deviennent lents, cette atmosphère devient propice à cette longue introspection musicale. Au milieu du morceau, je n’entends plus rien, même plus mon rythme cardiaque. Mon cœur s’est-il éteint ? Je respire encore, et je vois des papillons danser autour de moi. Je ne suis pas encore mort, malgré ces nombreuses expériences chimico-psychiques. 4- Musique psychédélisme ou opéra classico-rock ? Ce titre m’a toujours interpellé. Je n’y comprends rien, je ne sais même pas le traduire, mais peu importe, la musique à elle seule m’émeut à chaque écoute. Je ne suis plus dans cette salle mythique mais dans un opéra du vingtième siècle. La musique se fait lyrique, harmonieuse, belle mélodie. Je me retrouve, comme à chaque fois, hypnotisé. Neurasthénique, je reste immobile, attendant que ce moment d’émotion passe et me dépasse. Dans un siècle, elle sera toujours belle et imposante, il y a des musiques qui ne meurent jamais. 5- Voilà un titre que je n’ai guère l’habitude d’entendre, comme un morceau oublié. Il n’apparaît sur aucun album studio, peut-être sur une banale compilation, et sur quelques « lives pirates » en ma possession. Du coup, je redécouvre cette composition où l’orgue prend la mesure face à quelques cris d’animaux sortis de l’imagination des interprètes. Méconnue, souvent absentes, elle ouvre entièrement les portes du psychédélisme pour s’ouvrir vers ce monde aux couleurs bariolées : en un pas, en un battement de cymbales, on passe du rose au 6- vert. 7- Attention chef d’œuvre ! Jamais un morceau ne fut aussi puissant de toute l’histoire du rock. Je n’exagère pas ou si peu. Il est vrai que lorsque j’écoute le « Child in Time » de Deep Purple, je pense la même chose. Il est exact aussi que quand je m’apprête à entendre Led Zeppelin et son « Dazed & Confused », mes sentiments sont les mêmes. Sauf que... ce morceau a quelque chose en plus. Elle représente davantage à mes yeux, des souvenirs d’adolescence. Cette musique, je n’étais pas le seul à l’écouter et à l’entendre. Souvent à deux ou à trois, nous nous prosternions devant notre radiocassette ou notre lecteur CD, partageons ensemble la communion de cet hymne et découvrions ensemble l’harmonie de l’univers. Dans une cuisine entre deux bières, dans le salon entre deux bières ou sur la terrasse entre deux bières, au milieu d’une partie de tarot entre deux gins... Toute une époque, toute une philosophie. Cette musique est magique, elle me transcende. Je ne peux m’empêcher de fermer les yeux, et de me remémorer ces instants d’antan. Les yeux clos, j’imagine, je rêve, je pense, à tout, à rien... Elle est spéciale et si particulière que les frissons me viennent à chaque écoute, surtout quand ce cri perçant traverse de façon fulgurante mes tympans. 8- Attention chef d’œuvre ! Jamais un morceau ne fut aussi puissant de toute l’histoire du rock... Cela cogne fort dans ma tête, je suis proche de l’explosion. Des coups partent dans tous les sens, une frappe lourde vient cogner à la porte de mon esprit. Je tente de garder le contrôle de moi-même, mais je n’y arrive plus. Le soleil est là, il est plus fort que moi et j’essaye vainement d’atteindre son cœur. 9-Le rythme s’abaisse, ma respiration ventrale ralentit, je me reprends l’espace de quelques secondes quelques minutes, quelques heures jusqu’à ce que cela recogne encore dans ma tête. D’abord tout doucement, de façon insignifiante puis, sans m’en rendre compte, les percussions se font plus insistantes, plus pénétrantes, plus frappadingues, plus obsédantes. Je n’en peux plus. J’abandonne. J’implose littéralement. Attention ceci est un chef d’œuvre ! Jamais un morceau ne fut aussi puissant de toute l’histoire du rock... un de plus ! Mais où vont-ils s’arrêter ? Je ne sens plus mon cœur, ni même mon corps. Mon esprit se trouve à des années lumière de mon enveloppe corporelle. La guitare électrique se déchaîne, en déchirant l’espace où je flotte en l’air. 10- La création de la musique interstellaire. Les américains n’ont peut-être jamais mis les pieds sur la lune, mais ces quatre anglais ont franchi des barrières spatiales bien plus éloignées. Une innovation intemporelle et éternelle qui basculera à tout jamais le rock vers un autre monde. Une overdose de psychédélisme.

Ce n’est plus la peine de vous les présenter ces gars-là : ils vous sont aussi familiers que moi, vous ont marqué et transcendé comme aucune musique ne pourra plus jamais le faire, Richard Wright, Nick Mason, David Gilmour et Roger Waters.

1- Grantchester Meadows 6 :59
2- Astronomy Domine 10 :31
3- Cymbaline 11 :15
4- Atom Heart Mother 20 :03
5- Embryo 11 :39
6- Green Is The Colour 4 :35
7- Careful With That Axe, Eugene 11 :32
8- Set The Controls For The Heart Of The Sun 16 :05
9- A Saucerful Of Secrets 22 :21
10- Interstellar Overdrive 15 :32

 

3 commentaires

The Fillmore West 16 juillet 2009 Utopie 2  rép.

Tu t’es éclaté sur cette chronique !!! *clap clap* d’admiration ! Je veux bien faire un tarot, mais je cherche un lavabo.. entre deux bières peut-être.

 smiley

The Fillmore West 21 juillet 2009 Utopie

Vindiou ! Mon com précédent est douteux hors contexte, comme une fille qui aurait trop bu et qui chercherait un lavabo !!!

Alors, je dois préciser qu’il ne s’agissait pas du tout de ça ! Voilà pour une précision, c’en est une !

Ecoute IZIA ... de toute urgence ! Mais tu dois l’avoir vu chez Manu Katché. Hop hop réveille toi ! à écouter vite vite !

Pour une fois qu’il y a une bonne raison pour se réveiller ! Bonne journée ! smiley

-----> OnE TiTrE

The Fillmore West 21 juillet 2009 Black

Mon com précédent est douteux hors contexte, comme une fille qui aurait trop bu et qui chercherait un lavabo !!!

Mais comme ici, nous somme hors contexte, je crois que c’est ça qu’on va retenir dans l’histoire : une fille qui a trop bu et qui cherche un lavabo (les toilettes devaient être soit occupées, soit bouchées)

Izia sur le One Not Shot d’avril... Mince, je ne me rappelle plus...

Izia est une jeune fille de 19 ans pressée. A 16 ans, elle sort son premier 4 titres, à 17, elle fait la première partie d’Iggy Pop & The Stooges au Palais des Sports et sort donc son premier album en avril. Il faut dire que sa voix fait preuve d’une maîtrise qui fait immédiatement oublier son âge, rock et puissante, quelque part entre Janis Joplin et Pj Harvey.

Izia, je l’ai vu la semaine dernière en couverture de Telerama avec son père, un certain Jacques (Higelin). Après Arthur H, le talent serait-il génétique ?

 

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