Alison Krauss

23.03.2009 | Black
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Le campus dispose d’une entrée secondaire que l’on utilise rarement, car la route sinueuse qui y conduit est dangereuse en hiver à cause de ses nids-de-poule. De plus, elle n’offre pratiquement d’accès qu’aux Allegheny Wells, par la montagne, et le chemin est abrupt. L’autre intérêt de cette route, c’est qu’elle mène à l’un des bars les plus célèbres de la région, un rade dénommé The Circle, situé en bordure de ville, non loin d’un bâtiment de la section de Droit. Le billard y est gratuit le mardi, on joue aux fléchettes le mercredi, le jeudi est le jour du concours de t-shirts mouillés, et les orchestres de musique country animent les vendredis et les samedis soir. [1]

Putain de Merde, Bullshit et autre Fuck you ! J’ai complètement oublié la soirée du jeudi. Le concours de T-shirts mouillés bénéficie toujours d’un franc succès dans ce genre de bled. De nombreux amateurs, moi le premier, et milles façons de regarder de belles plantes, certainement mon coté écolo qui ressort, tout en buvant des pintes de bières... Le bon goût des distractions des mâles de mon époque, et être un (a)mateur de ce spectacle, voilà « un rôle qui me convient ». Je regarde donc l’affiche pour voir l’orchestre de ce soir qui aurait l’honneur de se présenter pour un bon moment de « country music » : Alison Krauss et son groupe Union Station. Les cris s’amplifient au comptoir, les serveuses ne savent plus ou donner de la tête, des fesses ou des seins. Tout le monde veut sa pinte, avant l’entrée en scène de la belle. Belle, longue crinière blonde, et surtout superbe voix cristalline. Alison Krauss, violoniste et immense vedette du cercle sélectif et restreint de la country music. « Lonely Run Both Ways », je ne peux affirmer que cet album est l’un des meilleurs ou l’un des pires (est-ce possible ?) de Krauss ; je ne connais guère son répertoire et ce n’est que le hasard qui m’a fait croisé sa route. Le hasard, ce saloon et un film culte : « O’ Brother » de frères Coen avec les « beaux » spécimens de la gente masculine Georges Clooney et John Turturro ! Les fameux « Soggy Bottom Boys », soit en bon français « Les Culs trempés » au milieu de la ravissante Alison, voilà un beau portrait de l’Amérique profonde qui vaut le détour. Pour revenir à sa musique, elle est composée de belles balades, de morceaux typiquement Bluegrass, un mélange de country traditionnel et moderne, un peu comme du folk, le banjo et le violon en sus... La voix toujours irréprochable et sans aucune fausse note, la musique empreinte de mélancolie et d’esprit traditionnel de l’Amérique profonde, je découvre un monde de douceur et de sensualité au pays des bouseux et des lourdaux en chemises à carreaux retroussées.

(JPG)

Fin de la première partie, l’entracte, quelques bagarres éclatent, verres lancés et chaises cassées virevoltent dans le ciel enfumé de cigarillos bon marché. J’espère secrètement un petit interlude aux T-shirts mouillés, cela peut être mon jour de chance... Nouvelle tournée de pintes, la bière est infecte, sans saveur, j’ai surtout envie de pisser, mais c’est ma seule distraction de la soirée... Nouveau détour par les toilettes, et face à l’urinoir, objet d’art contemporain et indispensable pour le bien-être de ces vieux messieurs, j’évacue mes idées noires en revoyant le film imaginaire sur le fameux concours où de belles plantureuses brunes se vident des pichets de bières tout aussi infectes sur la tête et les seins. Quand une musique me sort de ma rêverie libidineuse. Alison Krauss rentre à nouveau sur scène. Mais elle n’est pas seule, cette fois-ci... Un vieux bonhomme l’accompagne, l’œil complice, le coquin alors qu’il a l’âge de son père. Mais surtout quelle voix ! Inimitable, inoubliable et reconnaissable les yeux fermés. Il a enchanté une (voir deux ou trois) génération(s), précurseur du Heavy Metal. Robert Plant, difficilement indissociable de Led Zeppelin. Sans son compère Jimmy Page, sa carrière solo m’a moins emballé ; Ses albums (Manic Nirvana, Fate of Nations ou Mighty ReArranger, parmi ceux que j’ai du tenter d’écouter) ont été moins marquants et surtout n’ont guère durer sur ma platine contrairement au plus mauvais des Led Zeppelin... (JPG) Pourtant, j’avoue à ce moment précis être emballé par cette rencontre de prime abord incongrue et innovante. Le vieux roi du rock accompagnant la nouvelle reine de la country, cela ne peut qu’être prometteur. Bien que nostalgique des 70’s, on est bien loin de cette musique d’antan qui fit et fait encore tant mon bonheur. Robert Plant et Alison Krauss, deux voix en parfaite harmonie, merveilleux instants. Un peu bluegrass, un peu country, mais aussi beaucoup blues, ce qui a permis à l’album une carrière plus ouverte au monde. Je l’avais écouté à sa sortie et d’entrée de jeu, j’avais été bluffé par leur rencontre et leur complicité. Un an après, et quelques récompenses critiques, je reprends le temps de me réchauffer par ces quelques notes sorties d’un pub anodin, dans le Sud profond. J’aime encore, d’autant plus que certaines poussées de guitares électriques me procurent toujours quelques frissons, au milieu des violons (nothin’)... J’applaudis, et... putain, j’ai encore envie de pisser...

Face à l’urinoir :
-  Alison Krauss and Union Station featuring Jerry Douglas, Le Site
-  et quoi d’autres ? Nothin’ sur Deezer

[1] « Un Rôle qui me convient » - Richard Russo

 
 

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