30 minutes pour s’en sortir

24.04.2006 | Mis à jour le 25.04.2006 | Black
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Je suis au fonds du puits. Il n’y a ni échelle, ni corde pour remonter vers la lumière. L’eau commence à monter, l’air commence à me manquer. Je n’ai plus que 30 minutes pour tenter de sortir de ces ténèbres. Coup de blues, je me sens perdu, je suffoque mais comment réchapper de ce triste destin ? Ai-je d’ailleurs l’envie de sortir de ce tombeau naturel ?

30 minutes pour m’évader de ce blues, c’est court... et long, à la fois. Juste le temps d’une chanson, d’une musique et me voilà de nouveau à la surface : un titre pour attraper cette foutue corde et sortir de ce noir absolu. Tout simplement.

Vous me croirez ou pas, mais j’ai ce titre : Dazed and Confused de Led Zeppelin.

(JPG)

Un sommet du blues, 30 minutes de bonheur (voir 45 dans les meilleurs « lives ») qui me transportent dans un autre monde. Jimmy Page, Robert Plant, John-Paul Jones et John Bonham explosent de tout leur talent dans ce titre, symbole même (pour moi) de ce groupe. Jamais un guitariste n’arrivera à me faire chavirer dans cet autre monde, celui de l’intérieur, celui qui est en moi. Rarement, je ne perçois une telle émotion en écoutant les performances vocales d’un Robert Plant donnant du cœur et du coffre en réponse à Jimmy Page. La basse et la batterie, elles aussi, frappent de plein fouet les ventricules de mon cœur. Dans ces instants, je suis capable de tout oublier, de vider mon esprit de toute perception extérieure. Je suis ailleurs, je deviens ailleurs. Je n’existe plus dans ce monde. A la fin du morceau, complètement vidé par cette étrange sensation de nu absolu autour de moi, je me sens mieux, prêt à grimper à la corde pour sortir de ce puits. Je suis à nouveau opérationnel, pour faire quoi...


Deuxième expérience :

J’ai dans l’idée de construire un mur. Toute la journée, je charge des pierres et j’élabore ce mur, pierre par pierre, rangée par rangée. « Dans mon esprit, il n’y a rien de plus mystérieux ni de plus beau qu’un mur. Je le vois déjà : dressé dans cette prairie, élevé comme une énorme barrière contre le temps. Ce mur sera un mémorial à lui-même, messieurs, une symphonie de pierres ressuscitées, et chaque soir il chantera un hymne au passé que nous portons en nous [Paul Auster, La Musique du Hasard] ». Et je me retrouve seul, fâce à ce mur. Rien ni personne, seulement un mur, seulement des pierres. (JPG) Et pourtant, face à ce mur qui me parait infranchissable et grâce à un titre, je peux passer par dessus pour m’échapper, m’évader à volonté, et enfin revenir 30 minutes après me ressourcer devant ce mur.

Echoes de Pink Floyd. Dès les premiers soubressauts de cette musique interstellaire, mon esprit divague et s’éparpille autour de moi. Je me mets à planer dans les airs, à survoler les champs, entre corbeaux et goëlands, à dévaler les plaines parmi les meutes de loups et m’enfoncer dans les forêts majestueuses. Je prends de la hauteur et découvre un nouveau monde, de couleur verte, de couleur bleue, de couleur brune... Multitude de tons, multitude de senteurs, multitude de sensations. Une nouvelle planète s’ouvre à mes yeux. Je peux passer de la majestée de la mer à la grandeur de la montagne en passant par la solitude du désert. Mais je reste bouche bée devant tant de beauté naturelle. (JPG) Que la vie peut être belle...

Vous êtes sur la Planète Bleue. Bienvenue !

GONG !

Je me retrouve à nouveau fâce à ce même mur, regardant fixement ces mêmes briques. A nouveau seul, assis sur mon zafu. Le satori n’est pas encore pour aujourd’hui. Mais, tant pis ou tant mieux, cela me donnera l’occasion de retenter cette expérience.


Troisième sensation :

6h30 : mon radio-réveil se met en marche, tout seul, magie d’une technologie avancée. Des premières notes de flutes traversent mon esprit. Est-ce du shakuachi, est-ce de la traversière ? Mon esprit embrumé ne fait pas encore la différence. Et puis à quoi bon, je me laisse pénétrer par ces airs de flutes, auquels s’ajouteront les cordes d’une basse puis d’une guitare. Cela s’emballe. Et puis, une voix tente de rentrer dans mon cerveau. Va t’elle arriver à pénétrer en profondeur cette matière grise ? Je ne cherche pas à résister. Je ne suis pas en état. De toute façon, cette musique est trop forte pour moi, cette voix, celle de Peter Gabriel, est trop émouvante pour que j’essaye d’y échapper.

Supper’s Ready de Genesis s’emballe dans mon esprit et envahit mon corps. La circulation sanguine se fluidifie ; elle semble s’être mis au diapason de cette musique, parce que maintenant c’est mon cœur qui fait des siennes. Miracle de la biochimie. If you go down to Willow Farm, to look for butterflies, flutterbyes, gutterflies, open your eyes, it’s full of surprise,everyone lies, like the fox on the rocks, and the musical box. Yes, there’s Mum & Dad, and good and bad, and everyone’s happy to be here. (JPG) Les pulsations s’accélèrent au rythme frénétique de ce conte musicale. Un taux d’adrénaline anormalement élevée circule dans mon corps. Transe ! Mais que se passe-t’il ? A Flower ?! Subitement, un changement de rythme s’opère. Ma respiration semble se faire de plus en plus rare. Elle s’arrête. Je suis en apnée et je découvre autre chose : ce titre bouleverse de fond en comble mon corps et mon esprit.

Je ne comprends pas ce qui arrive, ni pourquoi cela m’arrive à moi : est-ce un phénomène inexpliqué ?

There’s an angel standing in the sun, and he’s crying with a loud voice, « This is the supper of the mighty one », The Lord of the Lords, King of the Kings, has returned to lead his children home, to take them to the new Jerusalem.

6h00 : dans un soubressaut final, mes paupières s’ouvrent. Est-ce un rêve ? Est-ce une expérience spatio-temporelle ? Je suis vidé et décide de ne plus y penser. Mes yeux se tournent machinalement vers mon réveil. Il ne sonnera que dans 30 minutes, juste le temps de me repasser dans ma tête Supper’s Ready...


Vous aussi, vous avez une partition fétiche qui vous transporte dans un autre monde. Faites-nous partager ces expériences hors du commun. Ensemble nous pouvons apprendre à nous sentir mieux sur cette planète.

 

3 commentaires

30 minutes 4 mai 2006 Romuald
J’avoue avoir eu peur.... j’ai aussi cet album, mais définitivement, c’est le live le plus pourri de tous les temps...
30 minutes 4 mai 2006 Romuald 1  rép.
Quand tu dis « meilleurs live », j’espère que tu ne penses pas à The song remains the same !!! ;-)

-----> Love in a white room

30 minutes 4 mai 2006 Black

La réponse va de soi et elle est négative. Certes, j’ai quand même l’album, mais j’avoue ne pas l’écouter très souvent...[à l’époque, je ne connaissais pas encore les enregistrements pirates]

En fait je pense surtout à une version que j’ai dont l’enregistrement est issu d’un concert à Earl’s Court Arena, may 1975.

 smiley

 

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