Deep Purple Rapture of the Deep

02.05.2006 | Mis à jour le 15.05.2006 | Black
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(JPG) Il se retrouve seul dans la pièce. Son majeur effleure le bouton « Play ». Il le caresse, hésite, s’y arrête avant de reprendre son chemin. Black n’arrive pas à se décider pour appuyer sur ce fameux bouton. Il a peur, peur de découvrir une déchéance des rockers de son adolescence. La vieillesse, dans le monde du rock, ne pardonne pas et peut même être cruelle. La déception peut être grande. Il n’arrive pas à s’imaginer que le rock puisse se jouer avec passion et ferveur à plus de 60 ans. L’esprit « Rebel » ne peut plus y être, la notion de découverte ne peut plus y apparaître. Alors pourquoi tenter le diable et s’infliger volontairement une telle pénitence. Et pourquoi que ces « papys » du rock continuent à faire des albums ? Il n’arrive pas à comprendre son dilemme ; il serait tellement plus simple de tourner la page : se délivrer du rock seventies et aller vers d’autres horizons, d’autres styles de rock (et pourquoi pas du Stoner Rock ?)

Black renonce donc, pour le moment. Il s’assoit par terre, se prend la tête à deux mains. Puis, il décide d’étudier la pochette, le détail de la formation...

-  Chant : Ian Gillian
-  Basse : Roger Glover
-  Batterie : Ian Paice
-  Clavier : Don Airey
-  Guitare : Steve Morse

A priori, la formation a l’air intéressante. Il regrette bien sûr l’absence de Ritchie Blackmore à la guitare. Est-ce que Deep Purple sans Ritchie reste Deep Purple ? Et Jon Lord ? Pas sûr, mais bon, Roger Glover et Ian Gillian sont quand même présents. A ces noms, Black se retrouve plonger des années en arrière. Il s’imagine à Tokyo ou à Osaka pour leur fabuleux « Live in Japan ».

(JPG)

Rien qu’à cette évocation, il est transporté au milieu d’un Child in Time, certainement l’un des meilleurs morceaux rocks jamais composés (il est même digne d’avoir sa représentation dans cette chronique, mais la vie est faite de choix, parfois difficile). Ian Gillian pousse son organe vocal au maximum de sa puissance et en dégage une force et une émotion à faire couler des larmes sur ses joues. Il se rappelle ce formidable duo sur Strange kind of woman où Ian Gillian (encore lui) répond de sa voix magistrale tout en subtilité aux riffs grandioses de Ritchie. Il revoit la frappe lourde et la dépense d’énergie phénoménale de Ian Paice sur The Mule, un grand moment de batterie en solo. Rarement un si long solo de batterie a sonné si bien aux oreilles de Black [cela lui rappelle un autre phénomène John Bonham sur Moby Dick]. Il y a aussi la formidable et surprenante réorchestration de Space Trucking sur ce live. La puissance d’un rock à l’état Brut. Quel Bonheur ! Tous ces grands morceaux réunis sur un seul concert, sur un seul album [un indispensable de la discothèque de Black].

Ses souvenirs continuent à se perdre et naviguent encore plus loin dans sa mémoire. Ils atterrissent en Suède pour un somptueux Scandinavian Nights, toujours Child In Time dans une version rallongée, toujours magnifique, une voix, un cri de Ian. Ce souvenir entraîne des frissons qui traversent le corps de Black. Quand il pense que Wring That Neck dure plus de 45 minutes, de la musique non-stop, des impros, des solos, tout simplement du rock. Quelle formation ! La meilleure, certainement, la plus puissante, la plus complète, la plus efficace dans le rock.

Black se met à réfléchir aux différentes formations du groupe. Il se souvient qu’après cette grande époque, Gillian et Glover ont été remplacés par David Coverdale et Glenn Hughes. C’est d’ailleurs, à partir de cette période que Deep Purple s’est éloigné de son esprit. L’âme n’y était plus. Le soleil commence à se coucher sur l’horizon de Black, et il n’arrive toujours pas à se décider à écouter cette nouveauté.

(JPG) Et subitement, il se rappelle ses tous premiers Deep Purple : Gillian n’était pas encore là, Glover non plus. C’était Rod Evans et Nick Simper. Mais c’était tout aussi bon. L’esprit « Rock » n’était pas encore tout à fait présent, mais c’était quand même vraiment extra. L’histoire fut courte, seulement 2 années et 3 albums. Mais Shades of Deep Purple, The Book of Taliesyn et The 3rd [sans nom] continuent à flatter et enchanter ses oreilles. L’invention est là, la magie aussi, quelques notes de classique s’immergent dans le nouveau monde du rock...

Dans la vie, il faut s’avoir progresser. Aller de l’avant, éviter de trop regarder derrière soi, ne pas stagner. Et cela sous-entend prendre des risques pour pouvoir poursuivre son chemin. Persévérance et Écoute, voilà ce qui résume le mieux la pensée actuelle de Black. Il franchit donc le cap, le bouton « Play » est sauvagement appuyé, meurtri. Et là...

...

Dès les premières notes, il se retrouve plonger sur l’intro de Deep Purple in Rock. Cela sonne bien, même très bien. C’est du Rock, du vrai Rock, comme dans le temps. Il est agréablement surpris et se met même à apprécier ces nouveaux morceaux. Steve Morse a l’air de bien se débrouiller. Les titres défilent et le Rock continue. Cela lui plait bien. Il se sent soulagé et ne comprend plus toute cette hésitation que son âme lui a joué, fredonné. Il se dit qu’il fût, le temps de quelques heures, un peu bête, voir carrément stupide, d’avoir perdu ces heures d’écoutes en tergiversions inutiles. En fait, il considère que Rapture of the Deep est un très bon album. Cela ne vaut pas [et ne vaudra jamais] ceux des années ’70 mais de toute façon, le Rock n’est plus le même depuis ces années. Il a changé, évolué comme Black a changé également. L’esprit n’est plus le même. L’âme est différente : c’était toujours mieux avant... Mais c’est quand même bien maintenant, aussi...

Du coup, il se met à attendre une sortie Live des derniers concerts. Et il se promet que s’il a l’occasion, il n’hésitera pas autant pour les écouter. Il commence à réfléchir sur cette éventuelle chronique concernant ces papys du rock se trémoussant sur scène...

 

2 commentaires

Deep Purple 31 août 2007 Medounetjer 1  rép.
Je dois dire que vous me rassurez, cela fait 6 mois, depuis que des amis musiciens m’ont conviés à voir un de leur concert, que j’ai découvert ce groupe à travers 6 albums In Rock, Fireball, Machine Head, Made in Japan, Who Do We Think We Are et Burn et en effet ce groupe envoyait dans les années 70 surtout la formation mark 2 avec Roger Glover et Ian Gillan qui est le meilleur chanteur que je n’ai jamais entendu, d’ailleurs aujourd’hui je ne jure que par Deep Purple (mark 2) par contre les albums ayant précédés leur reformation dans les années 80 bien qu’intéressant ne m’ont pas enchanté, aussi lors du concert auquel j’ai assisté bien que l’entrée en scène du groupe mythique m’est procuré un frisson qui me parcourut le dos et ne connaissant rien du groupe à part l’illustre (mais loin d’être le meilleur morceau) Smoke on the Water, Black Night et Strange Kind of Woman je dois dire que j’ai trouvé la voix de Ian Gillan fatigué j’en était un peu déçu d’aileurs, alors ce nouvel album Rapture of the Deep m’a fait peur moi aussi, mais maintenant que l’avis d’un inconditionnel de Deep Purple tel que vous semblez l’être s’ajoute à celui d’un ami guitariste qui m’a certifié que cet album était bien, je m’en vais me le procurer de ce pas
Deep Purple 31 août 2007 Black

Rapture of the Deep est un très bon album, même si (et je ne reviens pas sur les messages précédents au sujet des vieux Pink Floyd sur la chronique de David Gilmour) je préfère sans hésitation aucune les plus vieux Deep Purple comme In Rock, Fireball, Machine Head et surtout l’incontournable et inimitable, le plus fabuleux concert de tous les temps le special Made in Japan (version triple CD) !

 smiley

 

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