Richard Bohringer C’est beau une ville la nuit

20.06.2006 | Black
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Richard Cœur de Lion, le poète au grand cœur.

Tu sais manier les mots, manier les émotions pour me retourner, me mettre une bonne claque là où ça fait mal, transpercer mon cœur pour y distiller une bonne dose d’amour et de passion. Tu as le blues en toi, tu es l’incarnation même du blues.

Richard, toi qui fait trembler les mots dans mon cœur, je suis prêt à te suivre dans tes voyages... Tu m’emmènes où, Richard ? Tu es libre et je te suis. Montres-moi ta vie et faisons un bout de chemin ensemble. Je m’attends à tout, avec toi Richard, et surtout des rencontres humaines passionnées...

C’est à toi, Richard, je t’écoute :

Voyageur immobile à l’imagination fertile.

Grands hôtels vides à l’heure des grandes marées.

Inoubliable silhouette d’un corps heureux sous un pan éblouissant de soleil d’été.

Dans les villes mortes. Les jeunes gens agonisent. Et préfèrent les ventres ouverts à des dentelles portées par les vents du désert.

A la fois je touche les anges sans pouvoir l’exprimer. Toujours vivre dans une cale au milieu d’un trésor inventé.

De l’Inde du Sud au Grand Nord emmitouflé. Des tavernes exaltantes et destins brises, de petit matin immortel où l’éthylisme rend prince indompté.

Tout n’est qu’invention.

Vite respirer. Respirer la vie. Encore et encore. Me broyer les poumons de l’oxyde de vie. Me vautrer des deux côtés, me ritueler d’huile odorante, me refaire la peau à coups de nouvelle vie. Ne rien savoir et tout humer. Je n’ai envie que d’entendre ton coeur battre.

C’est le bleu du bleu qui vient dans ma vie. Je te quitte pas, Paulo. Mais rien à faire. Va falloir que j’aille faire un tour du côté du bonheur. On se reverra au hasard des diables. Tu te promènes sûr de toi en te disant qu’il fait trop beau pour se laisser couler. Mais ça frémit sous ta peau.

Alors les diables tirent sur tout ce qui bouge dans ton corps dans ton âme, et s’agenouillent par milliards au coin du bar et te disent qu’il n’y a qu’avec toi qu’ils aiment déraisonner. Tu jettes un regard désespéré au barman pour lui faire comprendre qu’il faut pas qu’il parle, qu’il faut pas être frangin. Qu’il faut que tu te retournes, que tu te sauves vers la maison claire où il y a les enfants, les petits enfants bleus qui t’attendent avec leurs rires et leurs humeurs.

Pas de guenilles ce soir. Pas de marchand de banane, pas de cour des miracles. Quasimodo rentre à la maison. Il faut qu’il prenne Esméralda dans ses bras. Paulo, il faut que je te raconte comment c’est le bonheur.

Vas-y Richard, je t’écoute toujours. Dis moi ce qu’est le bonheur, dis moi où est le bonheur. J’ai envie de te découvrir un peu plus. Un type qui a un cœur énorme à partager, mérite que je prenne le temps de le découvrir, de le comprendre. Tu permets que je continue le voyage avec toi ? Je ne te gênerai pas dans ta quête... La quête de quoi ? du bonheur, du blues, peut-être de tes racines...

Prochaine destination : New-York !

New York. Toute blanche la ville. Un mètre de neige. Des nègres avec des pompes violettes en costards d’été. Les avenues comme des couloirs. Les bagnoles de flics au ralenti. On a pose le sac à l’hôtel pourri.

New York, New York. Mon Amérique à moi. Une bande de pillards de désespérés, les yeux affamés par la couleur de l’or et du vert des champs et des jeux violents. New York, New York.

Je connaissais pas ce New-York, un New-York différent loin d’une image d’épinal. Harlem, Central Park, la misère, la drogue. C’est triste mais c’est le blues, la vie...

En face de nous deux négresses. Il y en a une qui porte un chapeau comme les gonzesses à Longchamp au printemps. On se regarde. Elle me sourit. Et puis on se parle enfin je comprends que c’est une fille qui se défend et qu’elle veut bien dormir avec moi. Pardi ! Mais moi je me décide à le faire dans le côté romantique : Un petit Blanc rêveur dans les bras d’une pute avec un chapeau comme les gonzesses à Longchamp. Je trouve ça follement poetique. [...]

On se retrouve sur le trottoir. Lumières suspendues au milieu des étages de verre. New-York ! New-York ! Je suis un enfant de Jimmy Hendrix. Un peu ivre dans cette avenue tu peux comprendre pourquoi ce mec nous a fait planer. Ca swingue, ça bouge, ça ondoie, cette putain de Babylone. Le mélange de l’air avec les regards chargés de hasard, le noir qui devient une couleur, le noir qui devient vert et qui danse comme une gazelle, le noir qui devient rouge comme la sirène des pompiers avec leurs casques qui leur font comme une crinière d’argent. Et puis la musique qui s’échappe.

Et ta musique, elle est là, en moi. Elle bouge dans ma tête, elle swingue, elle déménage mon intérieur, elle me remue. Simplement parce qu’elle va avec tes mots, elle est chargée de la même émotion. Elle me donne des frissons, Tu me donnes des frissons. Ca doit être ça, le Blues...

Et cette belle femme noire, ta sœur de misère...

Triste, ton New-York. Triste, la vie, Ta vie. Cosmopolite New-York, perdu dans Harlem, où trouves-tu la force de survivre, la force de t’échapper de cette amère sensation de perte inéluctable ?

Dans tes racines, peut-être...

Je sens que le prochain voyage va m’emmener encore plus loin, plus proche dans ces racines, ancrées au fond de ton cœur, au fond de ton âme.

L’Afrique, ta mère !

Atterrissage : Aéroport d’Abidjan.

Et je te vois traîner dans les quartiers de Treichville. Comme à l’accoutumée, je te suis, de case en case... Je croise tes oncles, tes cousins, ta famille, tes frères et soeurs de misère. Palabres, éclats de rires, discussions animées, sagesse africiaine, un continent se déploie sous mes yeux, sous nos yeux, parce que tu ne me quittes pas Richard. Tu as quitté Abidjan pour rejoindre St-Louis mais moi, je reste un moment ici, sous la lune éclairant les bistrots de Treichville. Ton esprit reste à mes côtés. Et je respire, respire profondément et j’observe, j’observe ces noirs, ces hommes, ces femmes, ces vieillards, ces enfants jouant dans les ruelles. Mon âme est bien là-bas. Elle respire aussi, le bonheur, la joie.

Avant de rejoindre St-Louis, je te propose de prolonger le voyage un peu plus loin. Cotonou, à deux pas du vaudou. Là-aussi, c’est la misère mais c’est aussi le bonheur. L’avenir y est-il assuré ? Certainement plus que d’autres pays voisins mais c’est pas sûr non plus... Pourtant, les sourires sont toujours présents, l’insouciance aussi. Mais cela doit être ça aussi le bonheur : le fait d’avoir su garder une certaine dose d’insouciance pour toutes les futilités que nous proposent la vie. Ici, je me rends compte que le bonheur peut être simple. Enfin, c’est aussi peut-être une idée que je me suis faite, l’idée d’un jeune blanc en terre noire. Tu vois les données, d’entrée de jeu, sont faussées. Là aussi des sourires, là aussi des enfants, du bonheur. Et au loin des percussions. Elles s’approchent de moi, de ma tête. Elles deviennent plus fortes, plus sourdes, plus rythmées... Séance de Vaudou ou ... ? ...

C’est Toi, Richard qui m’appelle ? Je te rejoins avec ton groupe... De la danse au son des djembés, j’arrive à Dakar. Jeu de jambes, cela percute dans tous les sens. De la tête au pied, mon corps est frappé, roué de coups, puissance de Mendy, puissance des percus. Une Afrique chaude, une Afrique chaleureuse... Mon esprit se perd dans cette Afrique, mais elle gagne dans ce territoire noir où s’entremêle misère et bonheur, une âme pure, innocente, insouciante...

Tu me proposes une flag, je t’offre une mamba, tu me parles de gazelle et je te suis, Richard le griot blanc à l’âme noire...

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3 commentaires

Richard Bohringer 8 janvier 2009 1  rép.
 smiley ai ete le voir sur scene du cote des vosges S DIE est un homme que j apprecie non seulement ds la chanson parce qu il gesticule tj mais dans le direct de ses reponses a des debats mon fils LOIC qui a eu sa dedicace l a beaucoup aime smiley smiley smiley
Richard Bohringer 10 janvier 2009 Black

« Je marche nu sur la terre. De Saint-Louis à Bamako, de Lomé à Ouaga. L’Afrique me prend dans ses bras. Je la sens, je la hume, je la renifle, comme la vie, comme la mort. Il y aura sur la route des villages de chaque côté, un grand arbre dans l’air brûlant. C’est le soir, tout est rouge. Le vent fait flotter les boubous. Femmes qui courent, jambes noires, gazelles odorantes. Petits talibés, hordes d’orphelins, qui sourient et qui rient. Malgré tout. Marchands de tout, voleurs de rien. Grosse misère sauf le sourire qui fait péter le clavier. Afrique tu es riche de ton âme. Tu ruisselles de trésors humains. Talibés, vous avez des sourires d’anges. Malgré vos silences. Pas d’enfances. Trop de prières. Petit frère d’Afrique dans ton boubou qui court vers le baobab. Je m’incline devant toi. Les mains noires, longues, les veines comme des torrents, boubous multicolores de voyageurs harassés, fulgurance de la beauté dans le mouvement. Mon cœur est à toi, ma merveille, ma terrible Afrique. »

Richard Bohringer. extrait de Carnet du Sénégal.

C BO 1 VILLE LA NUIT 12 novembre 2006 Black

Après l’émission de radio,

Après le livre,

Après le live,

Voici le film

et toujours cette même âme pure qui se décline sur tous les médias

Richard, un smiley énorme à partager

 

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