Taichi Yamada Présences d’un été

21.07.2006 | Mis à jour le 30.11.2008 | blue
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Un été à Tokyo.

Harada, 47 ans, vit désormais dans un appartement situé dans un immeuble de bureaux, dont les occupants s’évanouissent dès que la nuit vient. Seul derrière sa porte blindée, protégé par sa carapace de verre et de béton à l’épreuve des décibels de la ville, il respire l’air rafraîchi par un climatiseur. La ville grouille tout autour mais il baigne dans le silence.

Il vient de divorcer de sa femme, divorce qu’il a souhaité tant son couple se complaisait dans l’indifférence et avait fait place au vide.

Pourtant cette solitude est insupportable. Elle envahit l’espace. Elle masque le monde autour de lui. A tel point que ce monde ne tourne plus qu’autour de la souffrance d’être seul, et l’empêche d’ouvrir sa porte à Kei, seule résidente de l’immeuble, qui tente désespérement d’établir un contact humain.

Il est dépité notre narrateur lorsque l’incroyable se produit. Harada, qui retourne dans le quartier de son adolescence, aperçoit son père. Rêve-t-il ou s’agit-il d’une succession de coincidences : ses parents sont morts accidentellement alors qu’il avait 12 ans.

Pourtant, il suit cet homme qui le conduit chez lui. Sa femme est là... la mère de Harada... Une atmosphère de bien-être s’installe. Une joie authentique peut naître et prospérer. L’impossible est en train de se produire : Harada renoue des instants de vie avec ses parents dont il n’avait jamais pu véritablement faire le deuil. Et l’on sent combien sa vie en a été affectée, jusqu’à nier sa relation avec son propre fils.

La vie coule-t-elle de nouveau dans ses veines ? Harada cherche à entrer en contact avec Kei. Tout simplement et naturellement, une relation amoureuse s’installe, à la fois complice et authentique mais marquée par le secret de Kei qui refuse de dévoiler sa poitrine à son amant.

Quand au lecteur que je suis, j’avais déjà perdu à cet instant contact avec la réalité, avec la raison. Où est la vérité dans tout celà ? Poussé par l’envie de savoir, je lus ce livre avec passion. Harada est-il entrain de se perdre sur le chemin de la folie, et moi avec ?

L’atmosphère créée est fascinante. Des frissons parcourent mon échine : le narrateur prend conscience du décalage entre ce qu’il perçoit de lui-même et du monde qui l’entoure, et la véritable image qu’il renvoit aux autres. Les morts cottoient les vivants.

A moins que le vivant n’ait déjà franchi le dernier pas qui le sépare encore du monde des morts ?

(JPG)
 

3 commentaires

Et si c’était vrai ? 4 août 2006 Black 2  rép.

Et si c’était vrai ?

Tiens donc, cela me rappelle autre chose... Je ne sais plus trop quoi... Un roman smiley Non, cela ne doit pas être ça, je sens les critiques venir... Marc L... smiley Connais pas... Un écrivain smiley Non pas possible... Je plaisante bien sûr... Cela se saurait si Marc L... savait écrire des livres...

Plus sérieusement, il a l’air pas mal ce bouquin. Je ne connaissais pas du tout cet auteur et je ne doute pas sur l’attrait qu’il a pu t’apporter. Je le note dans un coin de ma tête et essaierai d’ouvrir le bon tiroir de mon esprit devant les étalages de Gibert.

Et si c’était vrai ? Cela doit même être vrai...

Et si c’était vrai ? 1er décembre 2008 Utopie

Cela me fait penser à Haruki Murakami, Yôko Ogawa... personne ne sait si c’est vrai et pourtant ... Pour les lire, attachez-vous (je doute du conseil mais...), euh lequel des deux a dit "je m’attache à mon verre de bière" ? on peut s’attacher de mille façons. En attendant, je note aussi mais pas dans ma tête sinon c’est l’oubli assuré ! Je m’accroche à mon puits ...

Kaiiii kaiii smiley

Et si c’était vrai ? 2 décembre 2008 Black

Peut-être me suis-je trop attaché à mon verre de bière... parce que je l’avais oublié celui-là ; il était dans ma tête mais il a du s’enfermer à clef dans un tiroir et j’ai oublié la combinaison du coffre dans lequel la clef y a été soigneusement jetée... Je vais donc le noter sur un papier, cela sera plus sûr...

Ca a dû bon, tes commentaires ; j’ai pu me replonger dans ces présences d’un été onirique smiley smiley smiley

 

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